​Fonds structurés : tout ce qu’il faut savoir pour bien investir

Qu’est-ce qu’un fonds structuré ?

Un fonds structuré , aussi appelé fonds à formule est un produit d’investissement combinant plusieurs instruments financiers afin de répondre à une stratégie d’investissement bien précise. Les produits structurés sont par définition dans une classe d’actifs à part entière, car ils ne réagissent pas aux marchés de la même manière. Ce produit financier repose sur une formule mathématique permettant de déterminer la performance finale de l’évolution d’un ou de plusieurs actifs sous-jacents (comme une action, un indice boursier ou une matière première).

De manière plus concrète, les fonds structurés associent généralement dans leur fonctionnement, une part obligataire, qui assure une certaine protection du capital à l’échéance, et une part optionnelle via des produits dérivés qui permettent de viser une performance liée à un scénario de marché prédéfini.

Comment fonctionnent les fonds structurés ?

Le fonctionnement d’un fond structuré, qui prend généralement la forme d’un fonds commun, repose sur 3 piliers :

– Une échéance (ou maturité) fixe : la plupart des fonds structurés ont une durée de vie comprise entre 5 et 10 ans.

– Un sous-jacent qui sera l’actif de référence de la performance du fonds, par exemple le CAC40, une valeur boursière ou une action plus spécifique.

– Un mécanisme de rendement conditionnel, le rendement potentiel est lié au comportement de l’actif de référence, comprenant des scénarios prédéfinis.

 

Exemple Simple : 

-Echéance fixe 8 ans / Sous-jacent Euro Stoxx 50 / Condition +ou- 40%

J’investis sur un produit structuré avec une échéance du produit à 8 ans et comme sous-jacent l’Euro Stoxx 50 (50 plus grandes entreprises européenne), avec pour objectif un rendement de 6%.

Chaque année, à la date de constatation du niveau de l’indice : si la valeur de l’indice est au même niveau ou en hausse par rapport au niveau initial de l’indice, le produit se termine et je reçois mon capital investi + 6% par année écoulée du produit. Dans le cas contraire, j’attends l’année suivante.

Au bout des 8 années, si l’indice a baissé de moins de 40%, je récupère mon capital + tous les coupons soit 6% x 8 ans = 48% ; à contrario, si l’indice a chuté de plus de 40%, je perds une partie du capital selon la protection initiale prédéfinie dans le contrat du produit.

NB : Ce scénario est un exemple, les conditions du produit présentées peuvent varier selon les modalités et le type de fonds.

 

Comment est construit un fond structuré

La construction d’un fond structuré, aussi appelé fond à promesse, repose sur différents acteurs : L’émetteur, le structureur, le Conseiller et le client.

Le rôle de l’émetteur dans la construction d’un fond structuré est crucial car l’institution financière derrière va porter le risque de remboursement, et émettre juridiquement le produit sur le marché. Celui-ci (généralement une banque ou un établissement financier) garantit donc aux investisseurs le paiement des coupons et, selon les conditions, garantit ou non le capital comme nous le verrons plus tard.

Place au structureur, qui est souvent rattaché à l’émetteur, ce dernier va devoir concevoir la formule mathématique du produit en combinant les différents instruments qui sont à sa disposition. C’est lui qui définit les paramètres clés (durée, montant des coupons, niveau de barrière) et ajuste la formule selon le marché (taux d’intérêt, inflation, volatilité).

Le conseiller en gestion de patrimoine pour sa part aura un role d’intermédiaire entre le client et l’émetteur du produit, afin de sélectionner le produit structuré le plus adapté à son client afin d’allouer de manière optimale le patrimoine de ce dernier. Il doit de ce fait comprendre et expliquer le produit, vérifier l’adéquation entre le produit et le profil client et le suivre dans le processus de souscription.

Le client lui, est l’investisseur final, celui qui va souscrire au produit à travers son conseiller afin de réaliser sa stratégie patrimoniale définie au préalable avec le conseiller en gestion de patrimoine.

 

Le fonctionnement des coupons dans les produits structurés

Les coupons sont les intérêts perçus par les investisseurs. Autrement dit, ils représentent les revenus générés par les produits structurés, au même titre que les intérêts d’une obligation. Dans la majorité des cas, ces coupons sont versés périodiquement (souvent chaque année), selon des conditions précises définies à la souscription.

Les produits à coupon fixe : L’investisseur reçoit un coupon prédéfini, indépendamment de la performance du sous-jacent. Le rendement est donc garanti et connu à l’avance (par exemple : 5 % par an pendant 5 ans). Ce type de produit est plus rare car il transfère l’intégralité du risque sur l’émetteur.

Les produits à coupon conditionnel : Le versement du coupon dépend de la performance du sous-jacent. Si ce dernier est au-dessus de son niveau initial à une date d’observation, alors un coupon majoré (souvent supérieur à celui d’un produit à coupon fixe) est versé.

En revanche, si le sous-jacent est inférieur au niveau de départ à cette date, aucun coupon n’est distribué. Certains produits prévoient une option « à mémoire » : les coupons non versés sont reportés et pourront être payés ultérieurement si les conditions redeviennent favorables.

Les coupons à barrière : Dans ce cas, le coupon n’est versé que si le sous-jacent reste au-dessus d’un seuil prédéfini (appelé barrière), souvent situé entre 50 % et 70 % de sa valeur initiale. Ce mécanisme permet de verser des coupons même en cas de baisse modérée du marché.

Les coupons indexés : Le rendement est ici directement lié à la performance du sous-jacent, souvent en pourcentage de cette performance, avec parfois un plafond (cap). Ce type de coupon permet de profiter partiellement de la hausse du marché, mais expose davantage aux fluctuations.

 

Exemple : Produit UAF Autocall Phoenix Aout

Dans cet exemple, le produit structuré est indexé sur le Taux de référence CMS EUR sur 10 ans et donc le remboursement de ce produit est conditionné sur l’évolution de ce sous-jacent.

Il dispose d’un mécanisme de remboursement anticipé activable automatiquement si le taux observé sur une période donnée est ≤ à 2,10%.

Un coupon conditionnel de 4,50% sera acté si à cette période donnée le taux est ≤ à 2,90%.

Si à une période donnée le taux au cours de sa vie est strictement > à 2,90% alors l’investisseur ne recevra aucun coupon au titre de cette même période.

Un remboursement du capital est effectué à l’échéance si l’investisseur à conserver son placement pendant 12 ans à compter de la date d’émission.

Quels sont les avantages des fonds structurés ?

Les fonds structuré offrent plusieurs avantages qui en font une solution intéressante dans une stratégie définie pour son patrimoine :

– La protection du capital (garantie partielle ou totale) offre un niveau de sécurité important contrairement à des fonds actions classiques, l’investisseur peut de ce fait limiter les pertes dans le cas ou le marchés viendrait à chuter.

– Le rendement attractif est un des avantages principale des produits structurés car la possibilité d’avoir un rendement ajusté implique que pour un investisseurs apétent au risque ,celui-ci va moduler son produit afin d’augmenter l’allocation d’actifs risqués et donc augmenté le rendement de son produit.

– Une diversification et une flexibilité de conception, afin de construire un produit sur-mesure en accédant à des produis adaptés à son profil de risque ainsi que son horizon de placement.

-Une visibilité, qui réside dans la précision des règles de fonctionnement dès le départ de l’investissement contrairement à de nombreux autres investissements, les conditions exactes de gains, la durée maximale du placement, l’actif sous-jacent, les éventuelles barrières de protection et les possibilités de remboursement anticipé automatique sont connues de l’investisseur.

Quels sont les risques des fonds structurés ?

Malgré leurs avantages, le niveau de risque de ce type de placement collectif n’est pas à sous-estimer car il est essentiel d’investir dans un produit en comprenant les risques et les limites de ce dernier. Voici les principaux risques de l’investissement :

Le risque de perte en capital ou risque de marché : si le marché n’évolue pas de manière favorable et que les conditions de protection ne sont pas respectées, le produit peut entrainer une perte partielle ou totale du capital investit.

Le risque de défaut de l’émetteur correspond à la possibilité que la banque ou l’établissement financier qui l’a conçu ne puisse pas honorer ses engagements, notamment le remboursement du capital ou le paiement des gains. En effet, si cet émetteur fait faillite ou rencontre de graves difficultés financières, il pourrait ne pas être en mesure de rembourser le capital investi ni de verser les gains prévus, même si les conditions de marché du produit sont favorables.

La complexité du calcul du rendement de ce produit peut être difficile au vu des scénarios à analyser afin d’éviter toutes mauvaises surprises.

Le manque de liquidité, est un risque à prendre en compte car il peut être compliqué de sortir sans pénalité avant l’échéance, ce qui rend le produit moins adapté aux investisseurs cherchant de la liquidité à court terme.

Le risque de corrélation : la formule de certains produits peut être calculée sur plusieurs sous-jacents, comme par exemple le cours d’un panier d’actions ou d’indices ; ces derniers peuvent se trouver corrélés entre eux. En cas de chute de marchés, cette corrélation viendrait à nuire à la performance du produit et causer une possible perte en capital.

Le risque de coupon : lorsque certaines des conditions préalablement définies ne sont pas respectés, les coupons représentant les revenus du produits pourraient ne pas être versés à l’investisseur.

Ce type d’instrument est également complexe à comprendre. Il convient donc de posséder un certain niveau de compétence financier ou d’être bien accompagné par un conseiller en gestion de patrimoine pour comprendre et investir sur ce type d’instrument financier.

 

Quels types de fonds structurés existent ?

Le niveau de protection du support peut varier :

Les Fonds à capital garanti vont, par définition, garantir un remboursement intégral du capital investi, et cela peu importe les fluctuations du marché. En contrepartie de cette sécurité, les produits investis seront sécuritaires et donc le rendement sera moins élevé.

Les Fonds à capital non garanti, à contrario, vont se concentrer sur des formules plus risquées puisqu’ils n’apportent aucune assurance de récupérer le montant investit ; leur le potentiel de rendement sera bien plus élevé. Néanmoins, l’investisseur peut perdre une partie voir l’intégralité de son capital investi à l’échéance.

Les Fonds à capital protégé partiellement sont le compromis entre les deux fonds ci-dessus car ces derniers vont permettre de protéger le capital à hauteur de 95% maximum et de 80% minimum, ce qui signifie que le rendement potentiel est supérieur aux fonds à capital protégé et moins élevé que les fonds à capital non garanti mais que l’investisseur sera assuré de récupérer au moins partiellement le capital investi à la date d’échéance du produit.

Quelle est la durée de vie d’un fonds structuré ?

De manière générale, la souscription d’un fond structuré nécessite un horizon d’investissement entre 5 et 10 ans (durée d’investissement recommandée) mais il est possible que certains produits aient une échéance plus courte (3 ans) ou plus longue (12 ans).

Cela signifie que durant cette période le capital investi est immobilisé, l’investisseur souhaitant récupérer son capital avant échéance devra alors vendre ses parts sur le marché secondaire avec une probable décote de celles-ci et payer des frais de sortie anticipée.

il convient d’évoquer le cas particulier de certains fonds dit « autocallable » qui peuvent être remboursés de manière anticipée si certaines conditions sont remplies ; dans ce cas, la durée de conservation recommandée peut être inférieure à la durée maximale prévue dans les conditions du support.

Comment investir dans des fonds structurés ?

Il existe plusieurs manières d’investir dans un produit structuré, en fonction de l’enveloppe fiscale choisie. Ces solutions permettent de bénéficier de cadres fiscaux avantageux tout en diversifiant son patrimoine grâce à des produits financiers à rendement conditionnel.

    • Assurance vie et PER (Plan d’Épargne Retraite) : Les produits structurés peuvent être intégrés comme unités de compte au sein d’un contrat d’assurance vie ou d’un PER. Ces supports permettent de combiner diversification financière, optimisation fiscale (notamment sur les plus-values et la transmission) et, selon les contrats, un accès à une gamme étendue de solutions structurées adaptées au profil de l’investisseur.
    • Compte-titres ordinaire (CTO) : Le compte-titres individuel est l’enveloppe la plus souple pour loger un produit structuré. Il permet d’investir dans une très large gamme de produits, sans contrainte de support ou de durée. En revanche, les revenus et plus-values sont soumis à la fiscalité classique des valeurs mobilières (PFU ou barème progressif).
    • Contrat de capitalisation : Comme l’assurance vie, le contrat de capitalisation permet d’intégrer des produits structurés en unités de compte. Il offre les mêmes avantages fiscaux sur les plus-values et permet une gestion patrimoniale sur le long terme, notamment dans une optique de transmission sans dénouement du contrat.
    • PEA (Plan d’Épargne en Actions) : L’investissement dans un produit structuré via un PEA est possible uniquement dans des cas très spécifiques. Le produit doit être composé d’actifs éligibles au PEA (principalement des actions européennes) et respecter des critères réglementaires stricts. Ce montage reste donc réservé à des profils expérimentés et à des structurations sur mesure.

Quelle est la fiscalité des revenus du produit structuré ?

Lorsqu’un produit structuré est logé hors enveloppe fiscale (comme l’assurance vie, le PER ou le contrat de capitalisation), les revenus et plus-values générés sont soumis à la fiscalité de droit commun applicable aux valeurs mobilières.

Deux régimes sont alors possibles :

  • Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU ou « flat tax ») : Par défaut, les gains issus du produit structuré sont taxés à hauteur de 30%, soit :
    • – 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu ;
    • – 17,2 % de prélèvements sociaux.
    • Ce régime est automatique sauf en cas de demande expresse pour l’option au barème.
  •  L’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu : L’investisseur peut choisir d’intégrer les revenus du produit structuré à son revenu global, soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Dans ce cas, les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus en complément.
    Ce choix peut être pertinent pour les contribuables faiblement imposés, mais nécessite une étude personnalisée.

A qui s’adressent-ils ?

Pour conclure, les produits structurés sont des solutions proposées aux investisseurs avertis, cherchant un produit sur mesure. Ils apportent un bon compromis entre le rendement et la protection du capital, tout en visant à diversifier son portefeuille de manière intelligente.

Concrètement, ses produits structurés  conviennent aux investisseurs disposant de certains critères :

  • Un horizon de placement de moyen à long terme.
  • Une épargne de précaution déjà établie.
  • D’une volonté d’investir sur des supports moins traditionnels.
  • D’une bonne compréhension du fonctionnement du produit, de sa complexité et des différents scénarios possibles.

Ces derniers sont pertinents chez des investisseurs dynamique à équilibré, mais ne conviendront pas toujours aux investisseurs beaucoup plus prudent.

Quoi qu’il en soit, il reste toujours important d’être bien conseillé dans ses choix pour sélectionner des produits pertinents, répondant aux besoins de l’investisseur, avec un couple de rendement/risque adaptés, un niveau de frais cohérent…